Témoignage – République Dominicaine

Michel Quenneville,  mars, 2008

À la fin du mois de novembre, je suis parti à Cabarete, une ville côtière de la République Dominicaine, non pas pour relaxer au soleil, mais bien pour aider cette communauté dans la rénovation d’une de leurs écoles. J’y étais pour une semaine avec un groupe de 14 jeunes de mon école, Regiopolis-Notre Dame, à travailler côte à côte avec des Dominicains par l’entremise de DREAM, un organisme non-gouvernemental cherchant à améliorer l’éducation de ce pays. Pendant ce séjour d’une semaine, nous avons réussi à construire un terrain de jeux comprenant une structure principale, une balançoire et un terrain de basket-ball, en plus de re-peinturer l’école entière. Ce fut, pour moi, un séjour rempli de premières expériences et de coup de cœurs.

Les jeunes Dominicains sont des gens tout simplement magnifiques et très accueillants qui sont prêts à offrir de l’aide à n’importe quelle occasion. Ma première journée de travail, je me souviens qu’il faisait très chaud, et que j’étais en train d’écaler la vieille peinture qui s’effritait le mur des classes. Alors que je suais substantiellement, un jeune étudiant Dominicain âgé de 14 ans qui fréquentait cette école et qui était venu regarder nos progrès, s’approche de moi et me donne un verre de jus d’orange. Ce geste m’a profondément touché et me donne encore des frissons à y penser. Pendant ce bref séjour, j’ai été touché par la simplicité, la bonté et la générosité des jeunes Dominicains malgré le fait qu’ils vivent sous le seuil de pauvreté. Ils sont si pauvre mais si joyeux et heureux!

En allant dans un pays assez pauvre, il est difficile de prévoir comment et si les deux cultures, la notre et la leur qui sont visiblement très différentes, vont interagir ensemble. J’ai été profondément surpris par la manière et la rapidité dans laquelle nos deux cultures se sont mélangées, à un tel point que malgré l’obstacle qu’était nos différentes langues, nous avons été très vite capables de communiquer par un curieux mélange d’espagnol, d’anglais et de signes. Les jeunes étaient très curieux, posaient beaucoup de questions et voulaient savoir nos noms, d’où on venait et comment était le Canada.

Comme plusieurs missionnaires venant de pays riches, il est facile de se mettre en tête que nous allons dans de tels pays pour changer la vie des gens qui y vivent. Cependant, on  pense rarement à quel point cette expérience nous change, nous, personnellement tout au fond de notre cœur.

En fait, avant de partir, je m’étais effectivement mis en tête que j’allais améliorer et donner de l’espoir à plusieurs jeunes. Ironiquement, ce sont les jeunes qui m’ont changé et donné de l’espoir plus qu’autre chose. Alors que notre séjour s’achevait, nous sommes allés visiter une communauté dans les champs de cannes à sucres où des réfugiés Haïtiens coexistent avec des Dominicains dans un village construit par une mission chrétienne. Alors qu’on se promenait dans ce village ravagé de pauvreté, plein de jeunes se sont rués vers nous pour prendre nos mains et marcher avec nous, sans dire un mot. Moi, j’avais un petit garçon qui tenait ma main que je présume qu’il n’avait que 6 ou 7 ans. Ce petit garçon m’a raccompagné 1 kilomètre plus loin, jusqu’à l’école du village où il m’a laissé pour retourner chez lui. Il m’est très difficile d’utiliser des mots pour exprimer ce que je ressentais à ce moment-la. J’ai compris à ce point-la, ce qu’était de «donner sans recevoir rien en retour». En fait, c’est de donner mais contrairement à l’expression, on reçoit beaucoup en retour. Non pas des valeurs matérielles mais des valeurs spirituelles et immatérielles qui sont infiniment plus récompensantes.

Cette brève expédition en République Dominicaine est une expérience qui m’a définitivement marquée dans ma manière d’agir et de penser. Je suis maintenant plus conscient des problèmes d’injustice que subissent plusieurs pays en voie de développement. C’était une expérience unique que je souhaite à tous et à toutes de pouvoir avoir la chance de vivre un jour de pouvoir faire. En conclusion, je voudrais remercier la paroisse d’avoir été si généreux dans ma levée de fonds et tout ceux et celles qui m’ont supporté. J’en suis extrêmement reconnaissant.